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URL :AudreyTautou.org
Ouverture : 29 septembre 2006
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un couple en or
Hollywood est-il une machine à broyer les acteurs ?
G. E. – Je pense que c’est un milieu très dur parce que les Américains ont une façon moins hypocrite que les Français de considérer le cinéma comme une industrie. En France, on revendique encore un semblant d’artisanat alors qu’au départ, l’idée est quand même de gagner de l’argent. Aux États-Unis, c’est clairement assumé. Si un acteur ou une actrice fait trois films de suite qui se ramassent, sa carrière peut vite se terminer. Il faut entretenir sa cote de popularité.
Le pouvoir que confère ce métier fausse-t-il les rapports humains ?
A. T. – Je mène une vie hors des mondanités.
G. E. – Ce métier fait surtout se rencontrer des personnes complètement différentes. Et elles n’ont pas forcément des affinités. Le seul dénominateur commun, c’est l’argent. Quand vous allez à des soirées, il n’y a que du top de tout. Le top du show-biz, le top de la politique, le top du mec qui a construit cette table (il montre la table basse devant lui). Maintenant, l’amitié ou l’amour, ça ne s’achète pas.
C’est la morale de Hors de prix, en quelque sorte ?
G. E. – Le réalisateur, Pierre Salvadori, dirait que c’est le triomphe de la jalousie. Ce qui est plutôt juste, d’ailleurs. C’est quand on sent que l’on est en train de perdre l’autre que l’on s’accroche le plus.
Dans le film, votre personnage fait tourner celui de Gad en bourrique. Dans une histoire, la femme a-t-elle toujours la main ?
A. T. – Oh oui. (Elle rit.)
G. E. – Je suis incapable de théoriser sur le contraire.
L’amour rend-il forcément la vie plus confortable ?
G. E. – Non. Au-delà de quelques fulgurances et envolées stomacales et vertigineuses, le sentiment amoureux n’est pas quelque chose que j’apprécie énormément.
Peur du lâcher-prise ?
G. E. – L’amour me rend tellement fragile et réceptif aux émotions que je peux devenir très malheureux.
A. T. – Pour moi, l’inconnu n’est pas confortable.
En voulez-vous parfois à ce métier de vous voler trop de temps ?
A. T. – Parfois, il faut me happer parce que je suis tellement entière que lorsque je travaille, je ne fais rien d’autre. Ça m’empêche donc de lire, de voyager, d’être avec ma famille, de voir mes amis.
G. E. – Par rapport à son enfant et à sa famille, oui. Mais ne pas avoir le temps d’aller à la plage pendant sept mois, ce n’est pas grave, même si cela m’énerve un peu.
Dernière chose. Quel est le questionnement du moment ?
G. E. – L’élection présidentielle. Elle me laisse perplexe. La France est en plein bouillonnement. Il y a un suspense incroyable. J’ai hâte de voir comment ça va se passer.
Allez-vous prendre la parole ?
G. E. – Non. Je n’ai jamais soutenu un homme ou un parti politique. En revanche, pour des causes humanitaires ou lorsque des barbares tuent des gens comme Ilan Halimi, là, oui, je vais dans la rue et je gueule.
A. T. – Ce n’est pas mon rôle de donner mon avis sur la politique. C’est trop de responsabilité.
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