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Comment avez-vous eu l’idée de cette histoire ?
Jean-Pierre Jeunet: C ’est parti sur une espèce de collection d’histoires, de petits riens et petits plaisirs de la vie que j’emmagasinais dans un carnet. Un jour, je me suis dit qu’il faudrait faire un film avec tout cela, mais c’était compliqué avec toutes ces choses. Ce sera peut-être quinze ou vingt sujets de films, mais pas un. L’histoire du nain de jardin, celle de la collection de photomaton, qui est arrivée à un ami écrivain, etc .... Mais dans toutes ces idées, il y avait l’histoire de quelqu’un qui transformait la vie des autres. Je me suis rendu compte que si ça devenait le mat central, alors tout se mettrait en place. C’était comme un puzzle qui se reconstituait à l’envers, image par image. À ce moment, il a été très simple d’écrire cette histoire qui semble très compliquée.

Votre travail sur la couleur est toujours aussi précis et personnel...
Jean-Pierre Jeunet: Quand on parle de plaisir, on pense à la couleur. On ne s’est pas privé pour pousser les couleurs de manière artificielle. Mais ce n’est pas “pétard” non plus, attention ! Tout ceci est fait grâce au travail sur le décor, les costumes ou la retouche. Comme c’est la première fois que je tournais en extérieur, j’avais envie que la ville soit magnifiée, un Paris de rêve, celui que j’ai découvert à vingt ans. Dans ma tête, c’est une ville sublime, et quelques années après, on ne voit plus que les inconvénients et les crottes de chiens. On a changé toutes ses petites choses, enlever les voitures qui traînent, changé les affiches, les ciels, ajouté des brouillards. Je pense que les touristes japonais vont s’y précipiter, et ils nous feront un procès pour publicité mensongère.

Pour la première fois, vous tournez en extérieur. Cela n’a pas été trop dur ?
Jean-Pierre Jeunet: On a essayé de dominer l’extérieur, mais c’est plus difficile car il y a des moments où c’est impossible. Je me souviens d’une Portugaise avec une vraie barbe. Elle est venue nous insulter, alors on a arrêté de tourner. C’est plutôt marrant, mais quand c’est un crétin qui se gare devant la caméra et monte dans son immeuble en disant “j’emmerde le cinéma”, je perds du temps, je ne peux plus travailler et je ne peux pas dominer. En studio, on se fiche qu’il pleuve alors qu’il y avait un beau ciel bleu la veille, on fait exactement ce que l’on veut. On s’est beaucoup donné de mal.

Mais que vous ont fait ces périodes d’avant et après guerre ?
Jean-Pierre Jeunet: Je ne peux pas m’empêcher d’esthétiser, mais si vous regardez bien, il y a des micro-ondes... J’ai distillé des petites traces pour qu’il n’y ait aucun doute sur la date. J’y tenais car je voulais que l’on s’identifie au personnage. C’était un jeu avec les décorateurs, costumiers etc... “Attention, on revient à la réalité, on va trop loin ...” C’est une question d’esthétique, Les objets les plus beaux ne sont pas forcément contemporains. Lorsque Prévert écrit un poème, il fait des énumérations où les mots sont magiques. Ca évoque pour moi des feux d’artifices. J’essaye d’enjoliver la réalité avec ce qui est à ma portée.

Mais tous ces détails : “Quincampoix”, l’esprit poulbot etc...
Jean-Pierre Jeunet: J’adore les films d’après guerre où le gens s’appellent Felix potin, alors je vais chercher dans les catalogues de plaques émaillées. Poulain doit venir de là. Dans "Delicatessen", il y avait “Potin”, la famille Tapioca (nom de sa société de production).

Vous jouez avec les effets spéciaux sans en avoir l’air. Comment avez-vous travaillé ce matériau ?
Jean-Pierre Jeunet: Je voulais que les effets s’intègrent de manière naturelle. Amélie a beaucoup d’imagination, de fantasmes. Elle invente des trucs et part dans des délires. Alors, lorsqu’elle se liquéfie littéralement, je voulais l’exprimer et intégrer l’effet d’une manière poétique ou narrative. Il y en a plein que vous ne verrez jamais, des ciels que l’on a changé, des trucs effacés. Je ne pouvais pas diriger le poisson rouge comme ça, alors lui aussi, il est passé en image de synthèse. Il y a à peu près 140 plans truqués.

Vous êtes très précis. Arrivez-vous avec tous les plans préparés ?
Jean-Pierre Jeunet: C’est affreux ! Pour filmer un plan sur un carnet, mon assistant me disait que l’on allait le faire dans une rue quelconque, mais non, je veux choisir la meilleure station de métro en arrière plan. Je fais un scénario, puis un story-board. Je dessine presque tout. Je remets tout en question sur le plateau, j’y vais le week-end avec mon caméscope. Je cherche tous les cadres possibles. Je les imprime en vidéo et fait un montage avec les photos. Je ponce, je vernis, je reponce, je revernis. Pour moi, la seule manière de travailler, c’est de travailler. En même temps, Kassovitz arrive sur le plateau le matin sans savoir ce qu’il va faire, et c’est très bien. C’est écœurant. Chacun a sa méthode. Je revendique la précision dans mes films. Mais je ne me pose pas de questions, je me fie à mon instinct. Mon opérateur me demandait toujours : “Mais pourquoi tu fais ça comme ça” et ça m’obligeait à réfléchir et lui répondre, et là, c’est la mort. Maintenant, il le sait, et il ne le fait plus. Je refuse les interviews pendant le tournage parce que dès que vous commencez à analyser tout, vous êtes foutu.

Avez-vous écrit ce film comme une bouffée d’air après Alien ?
Jean-Pierre Jeunet: Oui, c’est une contre-réaction à Alien. Je n’y ai pas souffert, même si c’était dur. C’était le genre de plaisir du navigateur solitaire. Après ça, je voulais faire le contraire. J’avais donc envie de liberté totale, de travaillé avec des amis, dans ma langue, à Paris que j’aime. Loin de Los Angeles, une ville impersonnelle. J’ai dit aux Américains : “Foutez-moi la paix ! Ne me proposez plus rien ! Je m’en vais ! Je vais faire un film français”.

La charmante Audrey Tautou fait son entrée, Jean Pierre Jeunet nous parle des acteurs et de ses petits plaisirs :

Pourquoi, après avoir écrit le personnage pour Emily Watson, vous avez choisi Audrey Tautou ?
Jean-Pierre Jeunet: C’est bien de penser à quelqu’un quand on écrit. Je ne connaissais pas Audrey et j’avais pensé au personnage de “Breaking the Wave” qui avait un côté lunaire et perdu. J’avais lu qu’elle avait envie de travailler avec moi, alors on a fait des essais qui marchaient bien. Et un jour, pour des raisons personnelles, elle n’a plus voulu venir en France pendant cinq mois. Alors j’ai regardé toutes les cassettes des actrices françaises, les films que je n’avais pas vu pendant que j’étais au Etats-Unis. Et j’ai vu un petit elfe avec des grandes oreilles et de grands yeux noirs sur l’affiche de “Venus beauté”. Il fallait que je la voie, elle ressemblait à la grande sœur de Miette (“La cité des enfants perdus”). Je peux vous dire qu’au bout de quatre secondes d’essais, les jeux étaient faits. Le meilleur moment quand on fait un film, c’est quand vous trouvez l’acteur. Après en avoir vu plusieurs, c’est là, devant vous et vous vous liquéfier comme une flaque d’eau. Elle a fait, aux essais, ce qu’elle fait dans le film. J’espère qu’on le verra sur le DVD. C’est un plaisir parce qu’il n’y a plus à diriger l’acteur, il faut juste le guider. Elle a un tel sens de la comédie et du timing face à la caméra. Maintenant, je me demande avec qui je vais travailler.

Et pour vous, Audrey, comment se sont passés ces essais ?
Audrey Tautou : En fait, avant les essais, je me suis dit que je ne pourrais pas rentrer chez moi en me disant “J’ai raté ça et ça, j’étais handicapé par le trac ...”. Le scénario était tellement beau que ce serait trop lourd de porter des regrets après un truc pareil. Si je n’étais pas choisi, il fallait que je n’ai pas pu faire mieux. Alors, j’ai vu “Delicatessen”, j’ai réfléchi à la manière de m’habiller. En fait, c’était une vraie séance de travail, et j’ai vite oublié le trac. Ça a duré presque trois heures, et je suis sorti en me disant que j’avais fait mon boulot.
Jean-Pierre Jeunet: D’après nos réactions, tu as quand même du te douter qu’on était chauds comme la braise, avec le directeur de casting.
Audrey Tautou: Pas chauds comme la braise, mais je me suis dit que ça s’était bien passé. Je ne pensais pas que dans mon destin, justement, il pourrait y avoir ça. C’est tellement énorme que ce n’était pas possible. Pour moi, c’était un film que je ne verrai jamais, comme ces choses tellement important qui nous font dire que ça n’ira pas jusqu’au bout.

Et maintenant que vous avez vu le film ?
Audrey Tautou: J’aimerais retourner deux ans en arrière pour refaire le film. Je pourrais revivre ça en boucle.
Jean-Pierre Jeunet: Pour moi, c’était elle, mais il fallait passer le cap des producteurs. Même si c’est pour bientôt, elle n’est pas encore Sophie Marceau. Je ne voulais pas lui donner de faux espoirs. Je lui ai dit : “Ecoute, je dirais que c’est bon à 70%”
Audrey Tautou: En fait, il m’a appelé pour me dire qu’il voulait que ce soit moi. Il me disait “attention, c’est un gros film et il y a les producteurs, mais ne t’inquiète pas”. J’ai caché ma joie, fait comme si je n’avais rien du tout, rien dit à personne. Le lendemain, il me dit “Alors, là on est à 80% mais sache que je n’ai jamais perdu un combat pour un acteur”. Un jour après : “Bon, on est à 95%””.
Jean-Pierre Jeunet: Les producteurs s’étaient fait à Emily Watson, et c’est quand même un film à 70 millions, mais ils n’ont pas fait trop de problèmes.


À côté, il y a toute une galerie de personnage. Comment sont-ils arrivés sur le projet ?

Jean-Pierre Jeunet: Les autres, c’était plus facile parce que j’en connaissais la plupart. J’étais désespéré pour Dominique Pinon, parce que je n’osais pas lui proposer le petit rôle qu’il a, mais il m’a dit qu’il aimerait le jouer. Et ça marche, les gens se marrent dans la salle. J’ai fait des essais avec Isabelle Nanty, que je ne connaissais pas. En déconnant, on a parlé avec l’accent de la Moselle, “mon dieu don’” (il est de Nancy et elle, de Bar-Le Duc) et le personnage est né comme ça. J’ai découvert Jamel en rentrant des Etats-unis. Il est fan d’Alien. Quand je lui en parle, j’ai l’impression d’avoir rencontré le père Noël. Il a accepté de faire un petit rôle et il était content qu’on lui demande de faire autre chose que du Jamel, qu’on le dirige. On s’est bien amusé tous les deux. C’est quelqu’un que j’aime beaucoup et j’aimerais retravailler avec lui parce qu’il est très intelligent et sensible et très intéressant. Matthieu Kassovitz, il est nouveau dans la famille, mais je l’estime depuis très longtemps comme metteur en scène et acteur. J’adore les films de Jacques Audiard. Dans les jeunes premiers c’est le meilleur en France, et de loin. C’est un drame qu’il soit metteur en scène parce que, du coup, il tourne moins. Il m’avait dit : “Pour toi, ce sera ce que tu veux, quand tu veux !”. Il a eu du mérite, parce qu’il finissait le montage des “Rivières pourpres” pendant le tournage. J’ai beaucoup d’admiration pour les gens qui peuvent faire plusieurs choses à la fois, parce que j’en suis incapable. Et il y a eu tous les petits rôles auxquels j’accorde beaucoup d’importance. Je préfère avoir quinze personnages à qui je donne une phrase, comme ça, je suis sûr d’avoir le meilleur. Certains me laissent tombé parce qu’ils préfèrent trois semaines de théâtre à un mot dans mon film, et ça me rend fou de rage (rires).

Justement, beaucoup de vos acteurs viennent du théâtre !
Jean-Pierre Jeunet: Je ne fais pas de différences, du moment qu’ils ont une tronche et qu’ils sont dans le rôle. Connu ou Inconnu. J’avais fait appel à deux acteurs connus : Trintignant, qui ne veut plus tourner et c’est dommage, et Serreau, qui a fait comme je fais en pub : il a demandé un prix tellement énorme que c’était comme un refus. Tant mieux car ça m’a permis de reprendre Serge Merlin qui était m’a première idée. C’est un acteur absolument fabuleux qui était déjà dans “La cité...”

Avez-vous l’impression d’être retourné vers des atmosphères à la “Delicatessen” ?
Jean-Pierre Jeunet: Pas du tout. Il y a une certaine tendresse dans “Delicatessen”, mais surtout beaucoup d’humour noir, ce que je ne voulais pas pour celui-ci. La grande nouveauté était de faire quelque chose tourné plus vers l’émotion et le sentiment que vers l’humour et l’esthétisme. Bien sûr, il y a de l’esthétisme, mais, même si je n’aurais pas aimé faire ça, l’histoire est possible dans un univers absolument pas décalé.

La scène de l’amour dans les toilettes, c’est un clin d’œil à “Delicatessen” ?
Jean-Pierre Jeunet: Oui, mais je n’aimerais pas donner l’impression de me répéter, alors, c’est promis, je ne le referais plus.

Quels sont vos petits bonheurs ?
Jean-Pierre Jeunet: Tous ceux du film. Je me suis amusé à les distribuer selon les personnages. Artus de Penguern est cynique, il aime voir les toréadors se faire encorner à la télé. On peut dire, au sens large, qu’Amélie, c’est moi. Guillaume Laurant, mon co-scénariste, a amené des trucs à lui. Le coup des vynils qui se font comme des crêpes, c’est lui. On a un humour et un esprit proche donc il est venu compléter. Bretodeau, c’est un copain d’enfance. L’histoire du poisson rouge suicidaire, je l’ai vécu. Les billes qui crèvent la poche à la récré, je l’ai vu. Tout, tout, tout. À part le nain voyageur, qui est plus une rumeur. J’ai entendu parler d’un court-métrage sur cette histoire. J’aime celle de Pierre Brasseur qui disait : “Je déteste quand je reçois une carte postale et que je ne reconnais pas la signature.
Audrey Tautou: J’aime bien l’odeur de l’essence, les haltes dans les parkings, pendant les départs en vacances, un peu endormie vers cinq heure du matin. J’aime aussi les cartes postales ringardes.

Audrey Tautou se lache sur son réalisateur, Jean Pierre Jeunet nous parle de Yann Tiersen

J’ai cru entendre que vous refusiez que l’on qualifie votre film de conte, pourquoi ?
Jean-Pierre Jeunet: On l’a fait sur “La cité ...”. La référence était le Petit Poucet que l’on avait transposé dans un univers d’ogres, dans un port. On a joué avec ça, on en a fait le tour et on a fermé le catalogue. Celui-ci se rapproche plus de Prévert et de ses histoires quotidiennes, jouant avec le décalage des mots pour en donner autre chose. C’est poétique au bon sens, parce que la poésie ... j’ai du mal. On peut y voir des références parce que j’adore les contes de fées. Amélie a un imaginaire développé. Elle projette ses funérailles commentées par Mitterrand, elle imagine qu’il y a des souffleurs de rue...
Audrey Tautou: C’est de l’ordre de l’affabulation. Si on est d’un naturel un peu dans la lune, comme moi, on fabule beaucoup de choses. J’ai le même âge qu’Amélie. Ce n’est pas un film fantastique et c’est pour cela que ce n’est pas un conte. C’est une histoire contemporaine. Elle est décalée, mais il n’y a rien d’impossible.

Quelle part d’Amélie est plus proche de vous ?
Audrey Tautou: Je crois que c’est cette nature à rêvasser. Ce coté un peu romantique, d’avoir envie qu’il y est des évènements peu banals. Mais, je ne suis pas aussi courageuse.

Mais, est-elle si courageuse ?
Jean-Pierre Jeunet: Je crois que ça touche beaucoup les gens. La partie où l’homme de verre lui critique qu’elle aime les stratagèmes pour ne pas sauter la barrière.
Audrey Tautou: Elle prend la vie des autres en mains, mais pas la sienne. Elle nourrit sa vie avec celle des autres.

À propos de la musique, comment avez-vous rencontré Yann Tiersen ?
Jean-Pierre Jeunet: Encore une histoire de destin. En allant sur le tournage, une stagiaire a mis le disque dans la voiture. Je ne connaissais pas. C’était bouleversant, tellement c’était ça ! J’ai appelé, et il mixait à côté d’où on montait. On s’est rencontré trois jours après. Le quatrième, il était au boulot. Comme il finissait son album, il n’avait pas trop le temps. Il n’a donc composé “que” 19 morceaux en une semaine ou deux et il nous a permis de piocher dans tous ses disques. C’était incroyable, parce que l’on avait nos images, et il n’y avait plus qu’à choisir, et c’était la difficulté car tout marchait.

Il est donc rentré dans la famille ?
Jean-Pierre Jeunet: Oui ! Enfin, son style est tellement particulier que je ne le réutiliserais pas de sitôt. Je change à chaque fois Carlos D'Alessio, Angelo Badalamenti, John C. Frizzel. et lui. En tout cas, pour ce film, c’était parfait. Il y a le même plaisir, la même nostalgie. Au départ, j’avais pensé à Michael Nyman.

Audrey, que pensez vous de Jean Pierre Jeunet ?
Audrey Tautou: Ce que je pense de lui ? Je ne peux pas le dire devant lui, mais ça va, il est assez doué. Il sait pas trop mal écrire, pas trop mal réaliser. Il est extrêmement violent et égoïste. Non, c’est tout simplement un génie. Je lui ai dit que si, pour un prochain film, il prenait une autre jeune actrice brune, petite entre 20 et 25 ans, il aurait affaire à moi.

Ce n’est pas inquiétant, pour une actrice, de le voir s’occuper particulièrement des décors etc ... ?
Audrey Tautou: Pas du tout, il s’occupe de tout le monde. Même s’il accorde beaucoup d’importance à la technique, l’image, le cadre etc.. il ne dénigre pas du tous les comédiens. On n’a pas l’impression d’avoir affaire à quelqu’un qui ne s’intéresse pas à nous.
Jean-Pierre Jeunet: Pour elle, je n’avais pas grand-chose à faire. J’ai dû lui dire : “Je ne te dirige pas, mais ne t’inquiète pas. Je ne suis comme ça avec tout le monde, mais avec toi, il n’y a rien à dire”. Et si un technicien vient troubler la concentration d’un acteur, je le tue !

Vous n’avez pas peur de retrouver un autre rôle après Amélie ?
Audrey Tautou: C’est pour ça qu’aujourd’hui, je recommence tranquillement. J’ai plutôt envie de partir sur des histoires qui me plaisent, sans avoir à m’impliquer autant. Pour l’instant, je savoure toute cette année. Je vais faire les prochains films de Claire Devers et de Cédric Klapish en début juin. Mais je suis assez paresseuse.

Et vos projets, Jean-Pierre ?
Jean-Pierre Jeunet: J’arrête le cinéma et je vais ouvrir une crêperie à Rennes. Franchement, je ne sais pas. J’adore quand, à ce sujet, Jean Jacques Annaud répond : “Vous me demander avec qui je vais coucher alors que je sors d’un lit avec une femme”.

Et vous êtes près à recoucher avec une américaine ?
Jean-Pierre Jeunet: Je vis avec une américaine, donc oui. Dès que je rentre de tournée. Mais pourquoi ne pas refaire un film américain. Je serais assez ouvert à un film de commande parce que je n’ai plus d’idées personnelles.

Un film américain est un film de commande ?
Jean-Pierre Jeunet: Ah oui, il y a la possibilité de leur amener un film, mais j’aurais peur de perdre du temps. Les convaincre, modifier le scénario... Alors qu’un film de commande comme Alien, c’est du jour au lendemain. Pour les films personnels, j’ai la chance de trouver l’argent assez facilement ici, alors pourquoi j’irais voir les là-bas. Par contre, ça me tente de retravailler avec des acteurs américains. Il y a un réservoir d’acteurs impressionnant. Pour Alien, j’ai fait des essais avec des gars totalement inconnus qui, s’ils étaient ici, seraient des stars. Il y en a tellement et pas un n’est mauvais à part Keanu Reeves, mais on le sait tous. Ici, c’est une autre histoire, question casting.
Et vous, vos petits bonheurs ?

Tremper des Spéculos dans mon café et sortir du cinéma au début d’un après-midi ensoleillé après avoir vu votre film.
Ps : j'aime bien aussi cirer les pompes d'un réalisateur qui le mérite (et voilà que je continue)

 

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