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De la reine de la mode, elle a la vivacité, la grâce et ce génie du style qui sublime le plus simple. Audrey Tautou tourne « Coco avant Chanel », d’Anne Fontaine. Récit d’une incarnation par Edouard Dutour.

Coco Chanel is back
« Je découvre une actrice immense ! » Sur le perron du château de Millemont, à 45 kilomètres de Paris, la réalisatrice Anne Fontaine (« Nettoyage à sec », « La Fille de Monaco »…) a l’air rasséréné d’une femme d’affaires qui vient d’en faire une bonne. Ici a lieu le tournage de son prochain film, « Coco avant Chanel », et la rumeur a déjà fait le tour du propriétaire : Audrey Tautou en Mademoiselle Gabrielle, mieux qu’une performance, c’est une évidence. Pour preuve, il suffit d’observer la jeune femme parcourir la cour d’honneur, après son passage matinal en loge CMC (costume, maquillage, coiffure) : sèche et vive comme une allumette, androgyne jusqu’à la féminité, très brune, et avec cette personnalité bien trempée qui vous tient à distance… Bref, via la Tautou, Coco Chanel is back ! D’ailleurs, par la grâce d’une pub signée Jean-Pierre Jeunet, la comédienne sera aussi la prochaine image de la fragrance N° 5. « Ce qui me lie à Coco, analyse Audrey, c’est une certaine force de caractère. J’essaie d’aller chercher cette intensité au fond de moi, et de l’amplifier. Il y avait aussi une forme de dureté en elle, alors je me suis forcée à combattre ma douceur, à réprimer un peu de ma tendresse, pour m’approcher au plus près d’elle.» Les biographes remarqueront que les deux femmes ont grandi au même endroit, dans la région de Montluçon, avant de quitter l’Allier pour conquérir Paris – puis, chacune à leur mesure, le monde entier. Une ascension vertigineuse que « Coco avant Chanel » veut imprimer sur la pellicule : comment une orpheline modeste, élevée en province chez les bonnes soeurs, un temps chanteuse dans un beuglant, va-t-elle fonder une maison de couture sise rue Cambon ?

La juste sobriété d’Audrey Tautou
Scène après scène, le film détricotera la genèse du style Chanel, aujourd’hui apparenté à une marque ultra-puissante, mais qui, à l’origine, balbutie dans l’oeil d’une inconnue animée d’un formidable instinct de mode. Car, finalement, Gabrielle Chanel avait le chic ontologique… Ce jour, le tournage s’arrête sur un moment clé : Coco a rencontré un type fortuné, Etienne Balsan, qui l’invite à séjourner dans sa propriété. C’est ici qu’elle affûte son goût, découvre l’oisiveté, observe les coutumes, jauge les femmes piégées dans leurs corsets, apprécie le tweed des tenues cavalières et pioche dans le vestiaire du châtelain pour inventer le masculin au féminin – la veste Chanel viendrait d’un pyjama d’homme, en soie écrue et gansé de marine. Détestant les opulentes toilettes des bourgeoises et consternée par la tenue que son protecteur lui offre, Coco garde sa robe « de pauvre » pour son premier dîner dans la bonne société. Mais, avec son nécessaire à couture, elle ouvre le décolleté, donne du flou à la taille, puis ajoute les poignets et le col d’une chemise blanche empruntée à son hôte. Au lieu de copier les femmes riches qui la fascinent, Gabrielle a tout simplement inventé autre chose : la future petite robe Chanel ! Ainsi, sur le plateau, on distingue la juste sobriété d’Audrey Tautou, très smart, tellement différente des cocottes noyées sous leurs plumes. « Chanel était en avance sur son temps, moderne par nécessité, visionnaire pour des raisons personnelles : sa créativité lui a permis de dépasser la notion de classe, puis la question du genre, jusqu’à s’emparer du pouvoir. En tout cas, elle n’était pas vraiment de son époque. Aujourd’hui encore, une femme Chanel demeure singulière : on la reconnaît entre toutes ! » ajoute miss Tautou. Et puis, d’une main si frêle, elle ajuste sa coiffure (un chignon bas augurant des futures coupes courtes) et demeure absolument concentrée, comme hermétique au brouhaha du tournage.


Conversation modeuse avec Benoît Poelvoorde
Un instant de grâce interrompu par l’arrivée tonitruante de Benoît Poelvoorde (alias Etienne Balsan), entouré d’une clique d’hommes en frac, pumps aux pieds et chemises à plastron amidonnées. D’ailleurs, pour notre Belge préféré, c’est quoi le mythe Chanel ? « Karl, Ines de la Fressange, Marilyn ! Au fait, ils font des trucs pour homme, chez Chanel ? » Voilà pour sa conversation modeuse… Et Benoît d’enchaîner sur les vertus de sa partenaire : « Audrey me bluffe, c’est une vraie Ferrari. En un regard, vous êtes à terre. Elle est d’une beauté terrible, la caméra l’adore. C’est presque injuste, tant de cinégénie ! » Puis l’acteur monté sur ressorts bondit du canapé afin de maîtriser son Billy, un jackrussel qui s’amuse à aboyer quand ça tourne. Après cette courte pause, la régie annonce la reprise. Lors de cette séquence reconstituant une soirée décadente, la petite Gabrielle Chanel doit charmer l’assemblée de notables, notamment Emilienne d’Alençon, jouée par Emmanuelle Devos. Mais, dans l’excitation, Etienne Balsan lui demande de chanter « Coco du Trocadéro » (la ritournelle qui lui a donné son surnom), la ramenant cruellement à son passé de fille de cabaret. Un accessoiriste remet à niveau les coupes de (faux) champagne et, pour la dernière fois de la journée, Anne Fontaine crie « moteur », puis « coupez », les yeux rivés sur le combo (moniteur de contrôle) où défilent dix heures de travail, soit peut-être une minute de cinéma.

Le style simplissime de Coco
Une semaine plus tard, tournage de nuit, près de Chartres. Il fait un froid de gueux au château de Baronville. Des gamines sont autorisées à entrer dans le camion-loge d’Audrey, folles de joie d’être photographiées aux côtés de la star du « Da Vinci Code ». Non loin, le personnel de la Croix-Rouge se tient prêt à intervenir, en cas d’évanouissement, une pathologie fréquente chez la figurante en corset ! Côté fiction, Coco Chanel doit valser au casino de Deauville avec Boy Capel, son grand amour, interprété par l’Américain Alessandro Nivola. Ce soir, il s’agit d’une escapade romantique dans la haute, où Gabrielle va passer un cap : être présentée et regardée comme une vraie femme. C’est aussi la nuit de leur première fois… Dans la chic station balnéaire, la jeune fille de la campagne a observé les bourgeoises en goguette, mais c’est surtout la marinière des pêcheurs, pièce mythique de ses futures collections, qui lui tape dans l’oeil. Revenons au dancing : alors que toutes les aristocrates sont corsetées pastel, embijoutées, Coco a choisi de porter une robe noire (couleur alors réservée aux hommes ou au deuil), en dentelle de Chantilly. Ce choix de tissu, saugrenu pour l’époque, lui vient d’une voilette de chapeau, aperçue chez un tailleur normand. Et toujours pas de corset, ni de strass… Evidemment, cette mise simplissime sied à ravir à Audrey qui, une fois débarrassée de sa laine polaire et de ses Ugg, apparaît divine en bas couture et talons bobines. Elle est prête, « moteur », « action ! », et notre toupie se lance dans ce décor digne de « Gatsby le Magnifique », où cent vingt-cinq figurants tourbillonnent à trois temps. A plusieurs reprises, Anne Fontaine demande à refaire son travelling et une coach de danse ajuste le port de tête d’Alessandro. Au centre de l’écran qui permet de suivre le retour caméra, on distingue une croix noire, comme dans le viseur d’un fusil. Cette fois-ci, et pendant toute la valse, le regard d’Audrey Tautou reste dans la ligne de mire. « C’est la bonne ! » entend-on. Il est 3 heures du matin, l’actrice s’engouffre dans une berline, laissant dans son sillage une certitude : la légende de Coco Chanel n’est pas trop grande pour elle.

 

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